Histoire familiale

La famille Druesne est une grande famille, assez peu étudiée d’un point de vue généalogique. Aujourd’hui encore, une grande partie des personnes qui portent ce nom est établie dans le Nord de la France : c’est en effet de cette région qu’est originaire le nom « Druesne » (parfois dérivé en Druesnes, Druenne, Druène, etc.).

Ce site a pour objectif de dresser un tableau général de la famille Druesne à travers le temps et l’espace. Il s’agit de rassembler un maximum d’informations, principalement généalogiques et historiques, sur les nombreuses ramifications de cette famille. Toute aide est la bienvenue, toute question aussi ; n’hésitez pas à me contacter.

NOS ORIGINES EN QUESTIONS

Quelles sont nos origines lointaines ?

Aussi loin que l’on peut remonter, la famille Druesne est fermement établie au sein des Pays-Bas historiques, c’est-à-dire la région s’étendant au Nord de Paris jusqu’aux Pays-Bas actuels. Les Druesne descendent ainsi vraisemblablement des Nerviens, « le dernier peuple des Gaules qui combattit longtemps et parfois avec succès, contre Jules César et ses légions romaines, pour la défense de l’indépendance gallo-germanique » [1].

Que signifie notre nom ?

Selon Germain et Herbillon [2], « Druesne » est simplement une contraction de « de Ruesnes », Ruesnes étant une petite commune du Cambrésis, entre Maubeuge et Valenciennes (sur la gauche : Ruesnes dans les albums de Croÿ). Cela signifie-t-il que les premiers Druesne auraient été nobles à une époque très reculée ? Pas forcément : porter un nom à particule n’est aucunement une preuve de noblesse. Selon cette hypothèse, « Druesne » qualifierait donc, à l’origine, « celui qui vient de Ruesnes ». Cependant, l’hypothèse d’une origine noble n’est pas à écarter pour autant : il est probable qu’une partie des seigneurs de Ruesnes ait fini par s’appauvrir par héritages successifs, retournant peu à peu au travail de la terre et perdant de facto leur statut de noblesse – mais pas leur nom, qui sera peu à peu transformé au gré des générations.

ET AVANT ?

Au-delà de cette étymologie, que nous apprend ce patronyme sur l’histoire de la famille ? Deux hypothèses peuvent être avancées, toutes deux en lien avec la petite commune de Ruesnes.

1/ L’hypothèse poétique

Nobles ou non, les Druesne ne manquent pas, par la composition-même de leur patronyme, d’avoir une histoire intimement liée à celle de Ruesnes et de ses seigneurs. Les seigneurs de Ruesnes, chevaliers de longue date, étaient issus de la seigneurie de Vendegies, vassale du Comte de Hollande. Les Vendegies étant armés d’or à la roüe de gueulle [3] de 6 rais [4] [rayons], le Carpentier, historien cambrésien du 17ème siècle, affirme que ce serait par volonté de se faire connaître par un nom qui « eût quelque rapport avec leurs armes » que certains seigneurs de Vendegies décidèrent de porter le surnom « Roüenne« , ou « Ruenne« , en référence à la roue visible sur leur écu [5]. Il semble que le premier d’entre eux à s’être fait appeler de la sorte soit le chevalier Gérard de Vendegies, qui s’était déjà fait connaître en 1091 [6]. Celui-ci fut donc, en quelque sorte, le « premier Druenne » dont l’Histoire ait gardé le souvenir. Ce ne fut qu’un siècle plus tard que le village de Ruesnes fut fondé par les seigneurs du même nom sous le nom de « Roesne » (1186), sur un territoire habité depuis l’époque romaine [7].

2/ L’hypothèse historique

Sans faire remonter l’origine de la famille à Gérard de Vendegies, une autre hypothèse, issue de Stéphane de Wolf, remet en question la validité de la première : aucune source antérieure au 17ème siècle ne vient en effet soutenir celle-ci. Dès lors, une étude approfondie laisse envisager la possibilité qu’aux alentours de l’an 1300, un individu du nom de Spierinck, descendant de la très ancienne famille des seigneurs de Heusden [8], dans le sud des Pays-Bas actuels, ait reçu la seigneurie de Vendegies de son suzerain le comte de Hollande [9] (qui était aussi comte de Hainaut). À cette époque, la maison de Heusden est ébranlée psychologiquement et patrimonialement : le pays de Heusden passe des mains du duc de Brabant à celles du comte de Hollande, après une guerre et l’intervention de l’empereur germanique et du roi de France. Pour le prix de la paix, la famille Heusden disparait de toute fonction étatique. Les Drongelen, une autre famille issue de la maison de Heusden, ne sont plus maîtres chez eux, et reçoivent en échange les seigneuries de Eethen et de Meeuwen, ainsi que la fonction temporaire de bailli de Hollande méridionale. La famille Spierinck conserve ou reçoit les seigneuries de Well et de Aalburg et probablement Vendegies, pour un cadet. Par la suite, le nom Spierinck fut peu à peu francisé en « Piérin », puis délaissé au profit du nom « de Vendegies », alors que la famille conservait les armes de ses ancêtres hollandais.

Ces « nouveaux seigneurs de Vendegies » n’auraient donc rien à voir avec leurs prédécesseurs du même nom, leur seigneurie étant probablement tombée en quenouille faute d’héritiers. Plus tard, un seigneur de Vendegies, aussi seigneur de Ruesnes, aurait donné naissance à une branche « Ruesnes-Vendegies ». Les héritiers de cette dernière se sont éteints au 19ème siècle lors du décès de Marie Thérèse Augustine de Ruesnes et de Vendegies [10].

Pourquoi Druesne, Druenne, Druesnes, etc. ?

C’est seulement en 1539 qu’un édit de François 1er déclare que les surnoms seront dès lors transmis de père en fils, donnant naissance à la stabilité des noms de famille. Après cette date, si des transformations patronymiques majeures sont rares, des modifications orthographiques mineures se rencontrent encore régulièrement, en raison d’erreurs de recopiage combinées à l’analphabétisme répandu dans le passé.

Ainsi, de nombreuses variantes orthographiques existent pour le nom « Druenne ». Certains individus, tels que Benoît Druenne (Maurage, 1782-1860), utilisent plusieurs d’entre elles au cours de leur vie, signant différents actes avec différentes orthographes de leur propre patronyme.

Variation orthographiques 1

Variation orthographiques 2

Dans cet extrait d’un acte du 14 avril 1847 (ci-dessus), celui du mariage de Désiré Druenne (1818-1903) et Virginie Alexandrine Parée (1816-1883), on voit que Benoît Druenne signe « Druene », alors que juste à côté, son fils Désiré signe « Druenne ». Différentes orthographes du même nom de famille pouvaient donc coexister, aller et venir dans la vie d’un individu, tel que l’on peut le voir dans ces différentes signatures du même Benoît Druenne, faites à plusieurs moments de sa vie (à droite).

Voici, synthétisées en un tableau, les orthographes les plus courantes du nom Druenne, ainsi que les différentes transformations qui leur ont donné naissance.

Tableau orthographes

Il est à noter que l’on trouve aussi ce nom orthographié Druine, Druinne, Drienne, Druen, Drugen, Desruennes, Druemme, Druëne, Druène, etc. [2].

ET LES PRÉNOMS ?

La tradition proposait jadis de transmettre aux nouveau-nés les prénoms de leurs parrain, marraine ou aïeux. Les mêmes prénoms se trouvaient ainsi répétés au sein d’un même village et de génération en génération. Aux origines de la famille, on trouve principalement les prénoms Gérard, Robert, Guillaume et Jean [11]. Plusieurs siècles plus tard, lorsque la famille se fut répandue à travers le Cambrésis, le prénom Jean-Baptiste était, de loin, le plus porté par les hommes de la famille. Quant aux femmes, une telle tendance est difficile à déceler, les enfants de sexe féminin recevant généralement le prénom de leur mère ou de l’une de leurs grand-mères.

Avons-nous un blason ?

Si le village de Ruesnes porte aujourd’hui un écu d’azur au loup ravissant d’or (à gauche), il s’agit là d’un héritage de l’une de ses familles seigneuriales successives, la famille (de) Capy – pas de lien, donc, avec la famille Druesne.

Pour trouver des armes qui aient un lien avec notre famille, il faut à nouveau remonter aux seigneurs de Vendegies, dont l’écu était fait, comme nous l’avons écrit plus haut, d’or à la roüe de gueulle de 6 rais [rayons], ou encore de sable à la roüe de six rais d’or, ou d’argent [12]. Ces armes proviennent, comme nous l’avons expliqué précédemment, de la maison de Heusden (Brabant et Pays-Bas), dont les seigneurs de Vendegies sont issus.

Dans l’armorial Beyeren, on trouve la version de sable à la roue d’argent de l’écu des seigneurs de Vendegies, dont un membre nommé Robert participa à un tournoi livré à Compiègne en février 1238 [13].

Plusieurs familles aussi sont issues des Ruenne-Vendegies : c’est notamment le cas d’une branche de la famille (le) Carlier qui, établie à Valenciennes, porte un blason parti, au premier d’argent au lion de sable et au second de gueules à la roue d’or [14], comme on peut en voir un exemple sur la gauche. Ce blason crie [15] « Ruenne-Vendegies » [16]. L’histoire de cette famille est cependant difficile à retracer en raison de la destruction de ses archives historiques [17].

Pourquoi sait-on si peu de notre histoire ?

Bien des siècles restent silencieux : faute d’archives suffisantes, on connaît peu de choses de ce qu’il advint de la famille Druesne entre l’an mille et le 17ème siècle. Tout au plus trouve-t-on quelques traces éparses de leur passage et de celui des familles liées, dont voici quelques exemples – dont il est bien impossible de déterminer l’éventuel lien avec les Druesne contemporains.

  • À l’époque des croisades (1217-1221) : Selon Paul Roger, un certain Guillaume de Vendegies aurait participé à la cinquième croisade [18]. Les comptes-rendus des séances de la Société de Géographie vont dans le même sens, en avançant que les de Vendegies-de Ruesnes auraient participé aux expéditions vers l’Orient.
  • Un gisant à Valenciennes (1426) : Au début du 20ème siècle existait encore à Valenciennes, sous une arcade pratiquée dans la muraille de la chapelle Saint-Joseph de l’Église Saint-Géry, ancienne abbatiale du Couvent des Récollets, un « marbre élevé, à demi-bosse, [qui] représentait Guillaume de Ruenne (+ 1426), écuyer, armé de toutes pièces et sa femme, long vêtue près de lui. En arrière, deux belles lames de cuivre sur l’une sont gravés deux personnages, long vêtus, c’étaient Régnier Dou Gardin (+ 1393) et sa femme, l’autre était au nom d’Évrard Dou Gardin (+ 1400) ». Ce gisant existe-t-il encore de nos jours ? Nous ne le savons pas encore.
  • Au siège de Gorinchem (1813-1814) : Un certain Vendegies participa au siège de Gorinchem comme chevalier du Hainaut, alors que son parent Jean de Drongelen y participait en tant que chevalier de Hollande, contre le chevalier d’Arckel qui s’était révolté contre le comte de Hollande [19].

À part de brèves mentions du genre de celles que nous venons de citer, c’est le silence. Ce n’est que dans la première moitié du 17ème siècle que les premières archives paroissiales du Cambrésis se mettent à relater des baptêmes, mariages et sépultures : on peut alors retracer les premières généalogies de la famille Druesne. Dans la plupart des cas, à cette époque éloignée, l’orthographe utilisée était « Druesne » ; c’est par la suite que les formes ont commencé à varier, comme on l’a expliqué plus haut. On trouve alors les Druesne dans une poignée de villages voisins de Ruesnes et Vendegies, notamment Bousies, Pommereuil, Saint-Martin-sur-Écaillon, Saint-Souplet, Vendegies-au-Bois, Fontaine-au-Bois et Forest-en-Cambrésis. Dans la suite de cette page, nous nous intéresserons successivement aux différents villages où vivaient des Druesne dès cette époque.

Sommes-nous tous cousins ?

Toutes les branches de Druesne et Druenne que j’ai étudiées à ce jour sont originaires d’une poignée de villages, répandus dans un espace d’environ 30 kilomètres de diamètre, dans le nord de la France et plus précisément dans la région de Cambrai, le « Cambrésis ». Ainsi, lorsque des Druesne ou Druenne me contactent via ce site et qu’ensemble nous retraçons leurs ancêtres, il n’est pas rare que l’on arrive, en remontant le temps, à les rattacher à l’une de ces branches.

Ces différents Druesne et Druenne, établis dans des villages relativement proches vers le 17ème siècle, sont-ils cousins ? Peut-on prétendre que tous, nous descendons d’un Druesne « fondateur » ? Oui et non. En effet, si l’on se base sur l’étymologie du nom Druesne, et sur la supposition qu’à une époque relativement lointaine, les habitants des petits villages étaient tous cousins plus ou moins lointains en raison de la faible propension des populations de l’époque à voyager, alors on peut penser que tous les Druesne et Druenne d’aujourd’hui sont cousins (très) éloignés. Cependant, ce n’est là qu’une supposition théorique ; en effet, outre la possibilité toujours présente d’enfants illégitimes qui transmettent le nom de leur père d’adoption ou de leur mère, le caractère limité des archives paroissiales (ou autres) empêche de remonter la généalogie au-delà du 17ème siècle, parfois un peu au-delà lorsque d’autres types d’archives sont parvenus jusqu’à nous.

 

PRINCIPALES BRANCHES DE DRUESNE

Cliquez sur les blasons ci-dessous pour accéder aux pages reprenant les principaux foyers de Druesne, c’est-à-dire les villages où l’on trouve des Druesne depuis le début de la rédaction des actes paroissiaux.

Plus bas, vous trouverez une liste d’autres villages où se développa, pendant un temps, une branche de la famille. Certains villages manquent encore à cette page ; ils seront complétés au fil de l’avancement de mes recherches. Certaines pages sont de plus fort peu remplies, car je ne m’y suis pas encore attardé en profondeur. Si vous avez des informations qui pourraient compléter ces pages, n’hésitez surtout pas à me contacter.

PRINCIPAUX FOYERS

Bousies

Forest-en-Cambrésis

Pommereuil

St-Martin-sur-Écaillon

St-Souplet

Vendegies-au-Bois

Fontaine-au-Bois

Bermerain

Maretz

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

AUTRES VILLAGES

AUTRES ARTICLES ET RESSOURCES

QUELQUES ENQUÊTES

porte de la brasserie ancienne-resized

Le brasseur Albert Druenne – Résolu

grassland-bagne-wero-nouvelle-caledonie-resized-couv

Un bagnard dans la famille

Abraham_Duquesne_gravure-resized-couv

Abraham Duquesne, un ancêtre noble ?

WWI

Histoires de Druenne inconnus

QUELQUES AUTRES BRANCHES DE MON ARBRE

Lucien Reul (1900-1980)

Généalogie Reul

PD01.77.01

Généalogie Briquet

BLOGS DE GÉNÉALOGIE LIÉS À LA FAMILLE DRUESNE

blason-artois

Famille Briquet

ancelon-zephirine-1-280x300

Théo & Co.

b-le-scornet-mathieu

Histoire de généalogie

GÉNÉATHÈMES ET INCLASSABLES

01-alphabet

Challenge AZ

Geomapping

Geomapping

SOSA1000 geomapping

SOSA1000

À la conquête de la G9 - 4

À la conquête de la G9

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marie Jacquy

Le mois de la femme

maxresdefault2028129

Gén. & Candy Crush

Sans titre

Photos et mémoire

 

 

 

 

 

 

 

 

SOURCES ET NOTES

[1] Comptes rendus des séances de la Société de Géographie et de la Commission Centrale, 313.
[2] Germain et Herbillon, Dictionnaire des noms de famille en Wallonie et à Bruxelles, 391 – voir sur Google Books ; Tosti, « Noms de famille ». Une étymologie alternative fait du nom Druenne un dérivé du nom « Druinne ». Cependant, mes recherches semblent affirmer le contraire. Voir cette page web.
[3] En héraldique, « de gueules » désigne la couleur rouge.
[4] En français ancien, un « rais » est un rayon.
[5] le Carpentier, Histoire Genealogique Des Païs-Bas, Ou Histoire De Cambray, Et Du Cambresis, 1051‑52 ; Comptes rendus des séances de la Société de Géographie et de la Commission Centrale, 312.
[6] le Carpentier, Histoire Genealogique Des Païs-Bas, Ou Histoire De Cambray, Et Du Cambresis, 1052; Comptes rendus des séances de la Société de Géographie et de la Commission Centrale, 312 ; Demeunynck et Devaux, Annuaire statistique du département du Nord, 40.
[7] Demeunynck et Devaux, Annuaire statistique du département du Nord, 40.
[8] La maison de Heusden est une très ancienne et noble famille : la tradition la fait remonter à l’an 800, l’on trouve des documents (chartes) la mentionnant dès l’an 1100. La famille Spierinck est issue du deuxième fils de Jean de Heusden, appelé Walter (Walterus – Wouter – Gauthier), qui vécut vers 1180.
[9] On trouve d’ailleurs les armes des seigneurs de Vendegies dans l’Armorial Équestre de la Toison d’Or et dans l’Armorial Beyeren.
[10] Comptes rendus des séances de la Société de Géographie et de la Commission Centrale, 312.
[11] le Carpentier, Histoire Genealogique Des Païs-Bas, Ou Histoire De Cambray, Et Du Cambresis, 1052.
[12] Ibid., 1051‑52.
[13] Heynenzoon, Armorial de Beyeren, 41.
[14] On trouve aussi le même blason avec, au second, de sable à la roue d’or ou encore d’or à la roue de gueules.
[15] Lorsqu’une inscription se trouve en-dessous d’un blason, on parle de devise ; lorsqu’elle se trouve au-dessus de celui-ci – comme c’est le cas ici –, on parle de cri, ou de cri de guerre. Il s’agit du cri de ralliement des chevaliers de cette maison lorsqu’ils livraient combat.
[16] le Carpentier, Histoire Genealogique Des Païs-Bas, Ou Histoire De Cambray, Et Du Cambresis, 367.
[17] Heraldrys Institute of Rome, « Carlier (France) ».
[18] Roger, La noblesse de France aux croisades.
[19] de Wolf, « Livre d’or ».

VOIR AUSSI

VIROUX Johan, Noms de famille belges : origine, sens, en ligne ici, page consultée le 16 octobre 2016