Les Druesne de Forest-en-Cambrésis

Bienvenue sur la page des Druesne de Forest-en-Cambrésis, dans le Nord (59). Dans le cadre d’une recherche généalogique de grande ampleur sur la famille Druesne, seront résumées ici les informations rassemblées au sujet de cette branche de Druesne. Si vous disposez d’informations à ce sujet, n’hésitez pas à me contacter.

Il y a bien longtemps que la famille Druesne est établie à Forest-en-Cambrésis, au sud de Valenciennes, sur la célèbre chaussée romaine reliant Bavay à Cologne. Si le nom « de Ruesne » apparaît pour la première fois en 1387 dans les archives du village avec un certain Nicaise de Ruesne, dont la famille est inconnue, les Druesne de Forest-en-Cambrésis commencent à apparaître en nombre significatif à partir de l’an 1663 : avant cette date, la faible quantité d’archives empêche d’aboutir à un résultat satisfaisant. C’est donc au beau milieu de la vie de plusieurs familles Druesne que l’on débarque en lisant les premières pages des archives paroissiales de l’époque. Le premier Druesne à être mentionné chronologiquement dans les archives de cette année 1663 est un certain Adrien Druesne, dont on ne sait rien d’autre qu’il était le parrain d’une petite Anne (née le 25 février 1663). De qui Adrien était le fils ? Difficile à savoir. Plusieurs Druesne devenus parrains et marraines au cours des premières années couvertes par les archives paroissiales de Forest sont dans la même situation.

Les Druesne de Forest qui se trouvent dans ma base de données sont, pour la plupart, les descendants :

  • de Simon, né vers 1624 ;
  • d’André, né vers 1645.

Tous deux ont probablement un lien de parenté, qui reste cependant inconnu. On y trouve aussi un certain Charles Druesne, décédé en 1832, un certain Jean Baptiste Druesne et un certain Georges Druesne, décédé avant 1770, dont je dois encore déterminer l’ascendance.

Simon Druesne (1624-1691) donna à son fils Simon (1662-1725) une magnifique ferme qui existe encore aujourd’hui : la ferme de la Couronne (voir plus bas). Il transmit à son autre fils, Pierre Druesne (1660-1727), une propriété appelée « la Lumerette » (voir plus bas). Ce dernier se trouva malheureusement si ruiné en 1710 suite au campement des armées de Louis XIV qu’il dût vendre celle-ci.

Simon et plusieurs de ses descendants furent enterrés dans l’église Saint-Denis de Forest-en-Cambrésis (voir plus bas). Lui et de nombreux autres Druesne à travers les siècles ont été mayeurs et échevins de leur village (voir ci-dessous).

Jean-Baptiste Druesne (1725-1788), un arrière-petit-fils de Simon, quitta Forest au 18ème siècle pour s’établir à Maurage, où il fonda la branche des Druenne de Belgique.

Enfin, n’hésitez pas à lire le récit d’une escapade généalogique à Forest, menée à l’été 2016.

DES DRUESNE EN POLITIQUE

Si la famille Druesne est une des plus anciennes familles de Forest-en-Cambrésis, elle en est aussi une des plus actives. Au cours des siècles, plusieurs Druesne furent mayeurs, échevins ou capitaines de leur village.

Parmi eux, on trouve :

  • Nicaise de Ruesne, le plus ancien Druesne de Forest-en-Cambrésis à être connu. Échevin de Forest-en-Cambrésis en 1387 [1] – sa famille est inconnue
  • Martin de Ruesne, échevin en 1464 et en 1466
  • François Druesnes, mayeur en 1674 et en 1682
  • Simon Druesne (1624-1691), notre plus lointain ancêtre connu à ce jour, mayeur
  • Pierre Druesne (1660-1727), échevin (1689) puis mayeur (1694, 1699, 1703) de Forest-en-Cambrésis et fermier de la Couronne, fils du précédent
  • Simon Druesne (1662-1725), échevin (1697) puis mayeur (1707) de Forest-en-Cambrésis et fermier général de la Couronne (1707), frère du précédent
  • Benoît Druesne, échevin en 1775
  • Jacques Druesne, échevin en 1780

Sources et notes de cette section

[1] Source : POULET S., Histoire de Forest, Halluin-Carion, Cambrai, 1905
[Autre réf.] Voir aussi cette page, contenant la liste de tous les conseils communaux de Forest.

LA FERME DE LA COURONNE

Le livre de l’abbé Poulet sur l’histoire de Forest-en-Cambrésis [1] consacre deux pages à une belle maison, qui existe encore à ce jour, ayant appartenu à Simon Druesne (1624-1691). Essai de chronologie.

1327-1329 : Les fragments des comptes de la Comtesse de Hainaut expriment que « Le diemence nuict Saint-Pierre aoust (1er août) entrant vient Medame (la comtesse de Hainaut) au disner à Saint-Quentin et à souper à Bohain ; le lundi, au disner à Forest et à couper au Quesnoy ». « Le diemence devant Noël fu medame au disner à Forest et au souper au Caisnoit [2] ». « C’est cet hôtel, d’après la tradition, qui avait le plus souvent l’honneur de recevoir les souverains et grands personnages de passage », explique l’abbé Poulet dans son livre de 1905 [1]. « Aussi, sans encore avoir perdu son nom des Coquelets, prenait-il déjà celui de La Couronne, quatorze ans avant l’acte de vente que nous venons de rapporter ; en effet, le 26 mars 1514, s’était faite la vente « d’une maison tenant par devant la rue qui maisne au bois Levêque, d’autre sens à l’héritaige et hostel de la Couronne de Collard Cordier » [3]. D’après les tenants et aboutissants marqués dans ces actes et les suivants, il est manifeste que l’hôtel des Coquelets et celui de la Couronne sont tout un » [1].

1528 : « Le 10 janvier 1528, Demoiselle Barbe d’Amerval, veuve de feu Germain Cordier, en son vivant juré de la cour du Quesnoy, vend « maison, gardin et héritaige séant à Forest qu’on dict l’hostel des Coquelets tenant d’un bout la chaussée et la rue qui maisne au bois le Vesque » » [1].

1692 : « À la fin du 17ème siècle, cet hôtel avait pris une importance considérable. Le 9 septembre, Simon DRUESNE, ancien mayeur, et Antoinette Payen, sa femme, donnent à leur fils Simon « une maison, chambres, brasserie, grange, estable, bergeries, bien, pourpris, jardin et héritaige, portant pour enseigne La Couronne, et contenant une mencaudée [4] et demie » [5] » [1].

1704 : « Simon fait remettre à neuf une partie des bâtiments de la ferme, au commencement du 18ème siècle ; une pierre faisant clé de voûte à la grande porte de la cour, qui donne sur la chaussée, porte la date de 1704 avec les initiales S.D. (Simon Druesne) ».

Cette auberge n’a pas cessé de s’appeler, dans les actes, l’hôtel ou l’hôtellerie de la Couronne ; de Simon Druesne [6] elle passa à Michel Taine qui, marié à Marie Agnès Druesne, mourut à l’âge de 60 ans, en 1742 [7]. Ses héritiers la possédèrent encore pendant un quart de siècle, mais le 17 février 1763, Demoiselle Anne Françoise de Thiesvy de Layens fit vendre, avec les dépendances ci-dessus énumérées et sa contenance de deux mencaudées et demie, la maison « où pend pour enseigne La Couronne, afin de recouvrer paiement de trois années d’une rente de cent onze florins, deux patars et cinq deniers. Ce fut Jean Beauvais de Roeux qui l’acheta pour 1600 florins [8].

La Couronne appartint ensuite, comme bien indivis, à Adrien François Douay, bailli de Cantraine et à Jean Matthieu Beautour, qui la vendirent, le 20 juillet 1786, à M. Pierre Joseph Tainte (ou Taine), vicaire de Lécluse, moyennant la somme de 3000 livres de France [9].

De récents contacts avec M. Gabriel Henniaux, propriétaire de la Couronne en 2015, et sa fille, nous ont appris qu’au décès de Mme Taine, veuve de François Régis Soufflet, elle fut vendue aux enchères et rachetée en 1886 par Anselme Soufflet. En février 1892, elle devint la propriété de Célestin Joseph Michaux, époux de Sophie Payen – qui la vendit à Siméon Dansou, époux de Laetitia Lacomblez, en octobre 1892. Son héritière, Mme Marie Darthenay-Danjou, la vendit à Odon Henniaux-Druesne en 1920. Gabriel Henniaux, époux de Thérèse Beaudoux, en devint propriétaire par héritage en 1953.

Après tout ce temps, la ferme de la Couronne appartient donc encore à la famille ! La magnifique clé de voûte de son portail est, elle aussi, encore bien là.

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Sources et notes de cette section

[1] Source : POULET S., Histoire de Forest, Halluin-Carion, Cambrai, 1905
[2] Fragments des comptes de la Comtesse de Hainaut de 1327 à 1329, Archives départementales du Nord B, 3273.
[3] Archives de Forest. Collard était, sans doute, le père de Germain.
[4] Mesure de surface
[5] Archives de Forest
[6] Simon Druesne mourut âgé de 63 ans et fut enterré dans l’église le 29 janvier 1725 (note dans le livre)
[7] Archives de Forest. Registre aux actes de sépulture de 1712 ; il fut enterré dans l’église (note dans le livre)
[8] Archives de Forest. Acte de l’échevinage (note dans le livre)

LA LUMERETTE

Il est peu fait mention, dans les textes anciens, du lieu-dit « La Lumerette » (ou Leumerette). Il s’agit de la propriété revendue par Pierre Druesne le 6 mai 1710, celui-ci se trouvant ruiné suite aux guerres de Louis XIV – il était alors courant que les armées s’approvisionnent chez les paysans, leur prélevant nourriture, bêtes et logis :

« Le 6 mai 1710, Pierre Druesne, ancien mayeur et censier, demeurant à Forest, et Jeanne Le Ducq, sa femme, remontrent « qu’ils se trouvent chargés d’une famille de onze enfants, ruinés par le campement des armées de sa Majesté ». Ils demandent, en conséquence, de pouvoir vendre cinq mencaudées dites La Lumerette.
Les mêmes, par acte du 26 mai 1711, vendent une autre partie de bien à M. Louys Le Ducq, curé de Vertain. L’autorisation leur a été accordée sur cette considération « qu’ils se trouvent chargés de douze enfants, et réduits à une telle misère par les calamitez des temps, qu’ils sont sans aucun grain, non plus pour la nourriture de leur famille que pour semer quelques terres qu’ils occupent, et sans un sou pour y pourvoir » » [1].

Pierre Druesne est le grand-père de Jean-Baptiste Druesne, qui émigra de Forest-en-Cambrésis vers Maurage, où il donnera naissance aux Druenne de Maurage. Il n’existe a priori pas de lien entre ces deux faits (la ruine de Pierre et le départ de son petit-fils vers Maurage). Cependant, Pierre Druesne étant le fils de Simon Druesne et Antoinette Payen – et donc le grand frère de Simon Druesne, qui reçut de ses parents la ferme de la Couronne (dont nous parlons plus haut) –, on peut penser que Simon et Antoinette étaient eux-mêmes établis à La Lumerette, cédant celle-ci à leur mort à leur fils aîné, Pierre. Leur achat de la Couronne pour leur second fils témoigne du fait qu’ils semblaient bénéficier d’une certaine richesse.

OÙ SE TROUVAIT LA LUMERETTE ?

Une analyse approfondie des informations dont nous disposons permet de la situer approximativement :

  • L’acte de vente cité plus haut décrit « une pièce de cinq mencaudées dites la Lumerette, tenant au chemin de Landrecies et au bois Lévêque ». Nous devons donc chercher la Lumerette sur le chemin qui va de Forest-en-Cambrésis à Landrecies.
  • L’appellation de « Lumerette » signifie « petite lumière ». Autrefois, dans la région, on désignait par ce terme les petits feux-follets résultant de la combustion spontanée de gaz issus de la décomposition de matières organiques, soudainement relâchés à l’air libre. Ce type de phénomène a généralement lieu dans des endroits humides, marécageux, où la terre est souvent remuée. De là, on peut donc considérer que la propriété de Pierre Druesne était plutôt humide.
  • La lecture simultanée des cartes IGN, Cassini et de l’état-major (1820-1866), ainsi que les photos aériennes actuelles dont nous disposons mettent en évidence une zone humide ancienne allongée de nord-ouest en sud-est, depuis le chemin de Landrecies (renommé depuis « Route du Flaquet ») jusqu’à la forêt domaniale de Bois-Lévêque. Actuellement, la partie centrale de cette zone est asséchée par un bâtiment non identifié à ce jour, visible du ciel et comportant quelques bassins bétonnés. La partie sud de cette zone humide existe toujours et est un lieu touristique appelée « étang du Flaquet [2] ». Il s’agit d’un étang creusé au XIème siècle par les moines de l’abbaye Saint-André du Cateau-Cambrésis, fondée vers 1020 [3], et creusé à nouveau en 1971. Comme souvent à l’époque de la fondation de cet étang, l’objectif d’un tel travail était de drainer les eaux avoisinantes dans le but de rendre les terres cultivables. Cet étang donne naissance au ruisseau du Cambrésis, qui traverse la zone humide que nous avons décrite avant de partir vers l’ouest.
    Il est donc crédible que les terres avoisinant l’étang du Flaquet aient été autrefois plus humides qu’elles ne le sont aujourd’hui, permettant à des phénomènes tels que les feux-follets de se produire.

Ainsi, le lieu-dit appelé « La Lumerette » devait sans doute se situer dans la zone délimitée par la lisière (actuelle) du Bois-Lévêque (où se trouve le Flaquet) et la route du Flaquet.

Sources et notes de cette section

[1] Source : POULET S., Histoire de Forest, Halluin-Carion, Cambrai, 1905.
[2] Appelé « le Flaquier Brifaulx » en 1570.
[3] Cette abbaye fut supprimée en 1792, lors de la révolution française. En 1775, elle possédait déjà une brasserie. Celle-ci fut reprise plus tard par la brasserie-malterie Lefebvre-Scalabrino, détruite au cours de la première guerre mondiale et reconstruite en 1918. Elle ferma en 1926. En 2000, les bâtiments de la brasserie furent classés à l’inventaire des bâtiments historiques, et depuis 2004, la brasserie ouvre à nouveau ses portes aux visiteurs. Elle est aujourd’hui spécialisée dans la production de sa bière, la « Vivat ». Cette brasserie est donc aujourd’hui encore installée sur les lieux de l’abbaye Saint-André, dans le cœur historique du Cateau-Cambrésis. Des bâtiments de cette abbaye, il ne reste que l’église paroissiale du village.

L’ÉGLISE ST-DENIS DE FOREST

Dans l’église de Forest-en-Cambrésis furent enterrées, entre 1722 et 1776, quelque 72 personnes. Parmi elles se trouvent plusieurs Druesne. Malheureusement, aujourd’hui, ces tombes n’existent plus : en 1890, le carrelage a été régularisé [1] et en 1918, l’église a été démolie. Il ne reste donc plus rien de ce qui fut le cimetière de nos ancêtres.

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Les restes de l’église après la guerre 1914-1918 [2]

Liste des Druesne inhumés dans l’église Saint-Denis de Forest-en-Cambrésis entre 1722 et 1776 [3] :

  • Druesne Simon, 63 ans, + 29 janvier 1725, mayeur et fermier général de la Couronne
  • Druesne Pierre, 33 ans, + 2 février 1728, échevin
  • Druesne Georges, 40 ans, + 27 juillet 1742, mari de Marie-Jenne Guillio
  • Druesne Stiévenotte, 90 ans, + 9 novembre 1752, épouse de Jean Noièles
  • Druesne Marie-Josèphe, 5 ans, + 1er avril 1756, fille de Jacques et de Marie-Josèphe Obled, résidant à la Folie, paroisse de Solesmes
  • Druesne Marie-Agnès, 66 ans, + 12 août 1762, femme d’Adrien Richez
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L’église actuelle

Sources et notes de cette section

[1] Source : POULET S., Histoire de Forest, Halluin-Carion, Cambrai, 1905
[2] Source : Villes et villages de l’Avesnois
[3] Source : POULET S., Histoire de Forest, Halluin-Carion, Cambrai, 1905, p.565 – Liste complète disponible sur Geneawiki.

UN COUSIN À NEW-YORK ?

Les Druesne seraient apparentés avec Jessé de Forest, chef de l’expédition de Wallons qui partit en 1622 des côtes européennes vers le territoire qui deviendrait la ville de New York (autrefois Nouvelle-Avesnes, puis New-Amsterdam). En effet, l’alliance des familles de Forest et Ruenne de Vendegies aurait donné naissance à la lignée qui aboutit à Jessé de Forest [1]. Ce ne sera qu’une dizaine d’années après l’installation des Wallons à New York que des Hollandais vinrent s’y installer [2].

Sources et notes de cette section

[1] Comptes rendus des séances de la Société de Géographie et de la Commission Centrale, 312.
[2] Comptes rendus des séances de la Société de Géographie et de la Commission Centrale, 311‑16.

PARENTS RENOMMÉS

Louis Blériot (1er juillet 1872 à Cambrai – 1er août 1936 à Paris) était un constructeur de lanternes pour automobiles, d’avions, de motocyclettes et de chars à voile, et un pilote pionnier de l’aviation française. Il fut le premier à traverser la Manche en avion le 25 juillet 1909 avec le Blériot XI (informations issues de Wikipédia). Les ancêtres de Louis Blériot sont issus de Forest-en-Cambrésis.

 

 

Claire Coombs, née le 18 janvier 1974 à Bath, est depuis 2003 l’épouse du prince Laurent de Belgique, frère du roi Philippe de Belgique. Elle porte le titre de princesse de Belgique (informations issues de Wikipédia). Elle est issue de la famille Parée, au même titre que les descendants de Désiré Druenne (1848-1898), des Druenne de Belgique.

 

 

EN SAVOIR PLUS

Simon (1624-1691)

Pierre (1660-1727)

J.-Baptiste (1725-1788)

Escapade généalogique

Les Druenne de Belgique