Un cousin au bagne outre-mer

En 1871, un certain Druenne participe à l’insurrection de la « Commune de Paris ». Il sera ensuite jugé et envoyé au bagne en Nouvelle-Calédonie, avant de rentrer à Paris et d’y commettre un autre forfait. Qui est cet étrange homme ?

Impossible de savoir où Jules César Druenne est né. Seule une indication dans La Gazette des Tribunaux de 1879 laisse deviner qu’il serait né en 1830 (voir tableau). Tout ce que l’on peut savoir de lui, c’est qu’il a eu à plusieurs reprises des démêlés avec la justice. Voici tout ce que je sais à son sujet…

1870 Il est condamné à un mois de prison pour vol. Paris (?) Voir références pour sa condamnation d’octobre 1879.
21-28/05/1871 Il participe à l’insurrection de la Commune de Paris. Paris Wikipedia
1871-1872 Il est jugé pour sa participation à la Commune de Paris, lors du deuxième conseil de guerre permanent du gouvernement militaire de Paris : conseil n°20, dossier n°113, GR 8 J 428. Paris Conseils de guerre et condamnés de la Commune de Paris, p.185
1872  Il est condamné au bagne en Nouvelle-Calédonie suite à sa participation à la Commune de Paris : matricule 2146, cote de référence FR ANOM COL H 78, code de communication FM H78/druennejul. Il est là fait mention d’une déportation simple, et non d’une déportation en enceinte fortifiée – contrairement à ce qui sera expliqué dans les journaux quelques années plus tard ; voir plus bas. Île des Pins, Nouvelle-Calédonie – Archives nationales d’Outre-Mer
– La Commune Vécue, p.408
– Google Maps
Octobre 1879 Ivre, il agresse des agents sur la voie publique, place Cambronne. En conséquence, il est condamné à un mois de prison et cinq francs d’amende. Paris – 31/10/1879, La Gazette des Tribunaux, Paris, p.2 : « Jules César Druenne, quarante-neuf ans, charretier, condamné à la déportation dans une enceinte fortifiée pour faits relatifs à la Commune, et, en outre, en 1870, à un mois de prison pour vol. À dix heures du soir, place Cambronne, il a été arrêté dans un état d’ivresse manifeste, a traité les agents de canailles, d’imbéciles, ajoutant : « Si je vous tenais dans un coin, je vous bourrerais de coups de poing. » Le Tribunal [de police correctionnelle] l’a condamné à un mois de prison pour le délit, et à 5 francs d’amende pour l’ivresse. Il était arrivé à Paris de l’avant-veille. »
– 1/11/1879, Le Figaro, Paris, p.2 : « Autre amnistié. Celui-là s’appelle Jules-César Druenne. Il a été deux fois condamné, d’abord pour vol, et plus tard à la déportation dans une enceinte fortifiée, pour participation à la Commune. Le Tribunal l’a condamné à un mois de prison, pour avoir traité les gardiens de la paix de canailles, d’imbéciles, et les avoir menacés dans les termes les plus abominables. »
– 4/11/1879, Le Gaulois, Paris, p.2 : « Le tribunal correctionnel jugeait, avant-hier, trois autres amnistiés, prévenus d’outrages aux agents. Le premier, Jules Druenne, charretier, a déjà été condamné, en 1870, à un mois de prison pour vol. Après la Commune, il a été condamné à la déportation dans une enceinte fortifiée. Arrêté, l’autre soir, en état d’ivresse, place Cambronne, il a traité les gardiens de la paix de « canailles et d’imbéciles », ajoutant : « Si je vous tenais dans un coin, je vous bourrerais de coups de poing. » Le tribunal l’a condamné à un mois de prison pour outrages aux agents, et à 5 fr. d’amende pour ivresse. »
On le voit, de nombreuses informations restent à découvrir au sujet de Jules. Peut-être l’avenir nous en dira-t-il plus ?