Exemple de recherche généalogique

Les recherches généalogiques peuvent parfois sembler bien compliquées. Pourtant, la plupart du temps, il s’avère qu’il suffit de savoir où trouver l’information et de travailler avec méthode pour éviter toute erreur. Voici un exemple de recherche réellement menée dans le but de rattacher un couple trouvé sur internet à une branche connue de Druesne.

1.

Je suis un jour tombé par hasard sur cette page de forum datant de 2006 : un certain Christophe Merrer y partageait l’état de ses recherches généalogiques et expliquait notamment être « bloqué sur le sosa 12 et 13 à savoir DRUESNE Jules né vers 1877 à Fontaine au bois et PAINVIN Fernande mais qui est née dans l’aisne ». Etant donné que j’étais occupé avec une autre recherche, j’ai juste mis cette page de côté, pour y revenir plus tard. Quelques mois plus tard, je m’y suis mis : j’ai donc le couple Jules Druesne-Fernande Painvin.

La publication de forum originale (GenNDPC)

2.

Une rapide recherche Google ne donnant rien, je me suis adressé au moteur de recherche de Généanet (geneanet.org), le site de généalogie francophone le plus complet à l’heure où j’écris ces lignes. J’ai pris soin de rechercher le moins « courant » des deux noms, à savoir, dans ce cas-ci, celui de l’épouse. Cela permet d’éviter d’obtenir trop de résultats. Comme localisation, je n’ai mis que « Aisne ». L’unique résultat me renvoie vers un site reprenant des listes de personnes enterrées dans des cimetières français (cimetieres-de-france.fr). Ce site me dit que Fernande Painvin (1897-1982), épouse Druesne, est enterrée au cimetière communal de Fontenelle (Aisne), carré 5, tombe 3. Elle y est enterrée avec six autres membres de sa famille, y compris son mari, Jules Druesne (1875-1936)[1]. Je dispose donc maintenant de l’année de naissance exacte de Jules, contrairement à l’estimation qui en était faite dans la publication de forum.

3.

Je me rends alors sur le site des archives départementales du nord, dans la section des archives numérisées. Je choisis l’option « tables décennales » : dès 1803, les naissances, mariages et décès de chaque commune de France ont été compilées chaque décennie en tables alphabétiques. Ces listes sont extrêmement précieuses pour faire une recherche rapide. Je consulte donc la table décennale de Fontaine-au-Bois pour 1873 à 1882 et y trouve en effet un certain Jules Druesne, né le 18 novembre 1875.

Mais attention : il pourrait s’agir d’un autre Jules Druesne. Je vais donc cette fois dans le registre des naissances pour 1875, et tourne les pages jusqu’à atteindre cette date. Heureusement, l’acte de naissance de l’enfant dispose de deux notes manuscrites tardives faisant état des deux mariages de Jules : à Floyon le 21 novembre 1904 avec Clarice Michel, et à Fontenelle le 20 juillet 1919 avec Fernande Painvin. Il s’agit donc du bon Jules. Ses parents sont Elisée Druesne et Sidonie Flamant. Je note bien la référence de l’acte : il s’agit de la vue 60/619 du registre numérisé.

4.

Je vérifie si Elisée se trouve dans ma base de données ; ce n’est pas le cas. Je le recherche avec son épouse sur Google ; pas de résultats satisfaisants. Je le recherche sur Généanet ; j’y retrouve le couple et apprends qu’Elisée est né le 20 mars 1845 à Fontaine-au-Bois et décédé à Boussois le 9 janvier 1904. Il était journalier. Il épousa Sidonie Virginie Flamant le 29 mars 1875 à Fontaine-au-Bois. Il était le fils d’Antoine Druesne et Angélique Bavay, au sujet desquels ce compte Généanet était mal informé.

5.

Je n’ai pas non plus d’informations au sujet de ce couple. Une recherche Google me permet de voir sur le site web d’une association généalogique qu’Antoine Druesne et Angélique Bavay (parfois écrit Baray) se sont mariés en 1838 quelque part dans l’arrondissement d’Avesnes-sur-Helpe, mais on me demande de payer pour connaître la date et le lieu du mariage. Pas question. Je continue donc ma recherche sur Généanet.

J’y trouve un autre utilisateur mentionnant Antoine et Angélique, sans cependant offrir d’informations complémentaires. Cet utilisateur, cependant, connaît la date du mariage de leur fils Antoine Joseph Druesne (le frère d’Elisée), né à Fontaine-au-Bois le 2 février 1840. Antoine Joseph épousa une certaine Florimonde Bruit le 23 juillet 1861 à Fontaine-au-Bois. Etant donné que j’en connais la date et le lieu exacts, je vais directement consulter l’acte de mariage, sans passer par la table décennale ; je le trouve en vue 144/557 du registre en ligne. Cet acte permet de découvrir qu’Antoine Druesne (père) est né vers 1801 et était journalier, et que son épouse Angélique Bavay est née vers 1807 et était ménagère. Tous deux étaient présents et consentants au mariage d’Antoine Joseph.

6.

Si le fils (Antoine Joseph) est né à Fontaine-au-Bois, il y a de fortes chances que le mariage de ses parents ait eu lien au même endroit. Je vais donc consulter la table décennale des mariages de Fontaine-au-Bois de 1833 à 1842 : j’y vois qu’Antoine Druesne et Angélique Bavay se sont mariés à Fontaine-au-Bois le 5 septembre 1838.

J’ouvre alors le registre des mariages de la commune pour l’année 1838 et navigue jusqu’au 5 septembre. Je trouve l’acte en vue 618/896. J’y vois qu’Antoine était bien né vers 1801, était journalier et était le fils de Pierre Joseph Druesne, décédé à Fontaine-au-Bois le 9 mai 1829, et de Marie Thérèse Trouillet, décédée à Fontaine-au-Bois le 5 juillet 1836.

7.

Je vérifie à nouveau si ce nouveau couple se trouve dans ma base de données. Cette fois, c’est bien le cas : Pierre Joseph Druesne et Marie Thérèse Trouillet y apparaissent bien. Je leur connaissais même déjà cinq enfants, dont Antoine, que je n’avais pas pu identifier comme celui que je recherchais car je ne connaissais pas encore le nom de son épouse. Celui-ci correspond cependant aux informations dont je disposais, étant né le 11 février 1801 à Fontaine-au-Bois.

Il me reste donc à ajouter et référencer chaque information dans mon logiciel de généalogie ainsi que dans ma base de données Excel. Il est un peu laborieux de maintenir les deux sources d’information à jour de manière parallèle, mais Excel m’offre des options de calcul automatique et d’approfondissement systématique des informations que ne m’offre pas mon logiciel de généalogie. Je dispose désormais d’informations sur une nouvelle extrémité de cette branche de Druesne – en l’occurrence, la branche Druesne-Dumont de Forest-en-Cambrésis, du nom du couple le plus ancien de la famille. Si j’y parviens, je contacte l’auteur de la publication de forum initiale, même si, près de treize ans plus tard, il y a peu de chances que celui-ci lise un jour mon message.

C’est ainsi que je procède la plupart du temps lorsqu’il s’agit de retrouver les ancêtres d’un(e) Druesne en particulier. Le tout est d’avoir une information de départ suffisamment précise pour savoir où commencer : un lieu, une date, un conjoint. Le processus est le même pour retrouver les ancêtres des intéressé(e)s qui me contactent ; dans ce cas, cependant, en raison des lois sur la protection des données privées, il est nécessaire de disposer du lieu et de la date d’un événement (naissance, mariage, décès) s’étant produit il y a plus de 75 ans (France) ou 100 ans (Belgique). Et, bien entendu, d’un peu de chance pour que les registres nécessaires soient numérisés, accessibles en ligne et lisibles…

[1] Cimetières de France, « Cimetière Communal de Fontenelle ».